Face à elle, Michel Franco a trouvé la perle rare avec Isaac Hernández, danseur de ballet à l’American Ballet Theatre et qui a fait ses débuts d’acteur dans la mini-série Netflix, Quelqu’un doit mourir en 2020. Et Michel Franco de souligner : « « Le charisme qu’il dégage quand il danse se transpose parfaitement à l’écran. Il communique émotions et énergie avec une aisance naturelle. Il dégage une sympathie immédiate, sans le moindre effort.«
Montrant bien le mépris de classe de ce petit monde du mécénat, qui pratique le quant-à-soi avec une morgue incroyable, cette chronique d’un amour passionnée (les scènes de sexe le prouvent), mais toxique montre bien comment, petit à petit, Fernando, qui a pris tous les risques pour rejoindre Jennifer en débarquant avec les sans-papiers – la séquence du camion en ouverture est forte – craque et devient violent. Et l’ultime trahison de Jennifer le pousse à la séquestration. « J’aime le cinéma qui, au lieu de fuir les réalités complexes de notre époque, choisit de les examiner et de les affronter« , souligne le cinéaste. Là où ce film prenant, en forme de plongée dans les mécanismes du pouvoir en famille comme en société, provoque un malaise c’est quand il montre la violence dont use le Mexicain à l’égard de la jeune femme , qui lui a avoué sa trahison (à ne pas dévoiler bien sûr), comme si elle pouvait « justifier » la réaction finale du frère de Jennifer, qui est venu la libérer. Une ambiguïté qui créé un malaise certain : il était peut-être voulu par le cinéaste… comme s’il refusait tout manichéisme et voulait montrer la cruauté de cette lutte de classes qui emporte tout sur son passage.
