Par ailleurs, dans un tel cadre, Kenza, qui a survécu à un naufrage des migrants, elle incarne le sort de tous ces déshérités, et questionne la notion de maternité, d’éducation… et sert aussi de liens aux femmes qui l’entoure.
Face à elle, des seconds rôles – masculins – viennent densifier le récit : que ce soit, le propriétaire de Marie, qui veut bien se faire de l’argent avec ces migrants tant qu’il ne court pas trop de risques, Foued, l’ami de Naney, qui, chômeur, vivote en étant perdu dans la vie. Et il y a encore l’ami aveugle de Marie qui est un peu son conseiller – Blamassi Touré est un militant des droits humains en Tunisie et connaît la réalisatrice depuis dix ans – connaît son passé et tente de la protéger devant les risques qu’elle prend.
Après Sous les figues (2022), Erige Sehiri signe ici un film émouvant sur la solidarité comme sur les fractures de la société africaine, sans jamais grossir le trait. Un film qui a déjà raflé bien des prix : 3 Valois au festival d’Angoulême (mise en scène, scénario et meilleure actrice pour Debora Lobe Naney; et une Étoile d’Or et le Prix d’interprétation féminine pour Debora Lobe Naney au Festival de Marrakech. Des lauriers amplement mérités.
