Le paradis sur terre ?

CINÉMA: MERCREDI 28 JANVIER 2026

PROMIS LE CIEL, de Erige Sehiri – 1h32

Comédie dramatique avec Aïssa Maïga, Deborat Christelle Naney, Laetitia Ky

Score : 4/5

Le scénario

Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.

Mon avis –

À travers trois destins différents de femmes, Erige Sehiri évoque de manière très subtile, et en sortant des sentiers battus la question migratoire et le sort des migrants d’Afrique dont la majorité ne quitte pas le continent. La réalisatrice franco-tunisienne souligne : « Seuls 20 % d’entre eux migrent vers l’Europe ». Elle poursuit pour évoquer l’angle de son scénario : « Ce qui m’intriguait, c’est qu’ils vivaient dans des mondes parallèles, ils avaient leurs propres bars (qu’ils appellent les maquis), leurs discothèques, leurs commerces et leurs églises. « 

De séquence en séquence, avec un vrai sens du réalisme, Erige Sehiri montre bien, à travers trois générations de femmes que tout oppose, se tisse une vraie solidarité qui permet de supporter un quotidien le plus souvent hostile.

D’autre part, le film montre bien comment ces lieux évangéliques, aux allures de secte familiale,est une espèce havre de paix. Et si certains peuvent voir en Marie – très finement incarnée par Aïssa Maïga -une espèce de mère de substitution, elle symbolise aussi une forme insidieuse d’expansion du phénomène religieux et de l’évangélisme, en forme d’opium des petites gens. Même si, au demeurant, elle prend des risques car les églises évangéliques sont souvent accusées de se prêter au trafic d’enfants.

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