Des amours polaires

L’originalité du film repose alors sur un jeu permanent sur le regard. D’un côté, il y a Leshka qui vit ses désirs dans un ailleurs de rêve avec l’envie de déclarer sa flamme à la belle cam girl. De l’autre, il y a notre regard qui découvre un monde inconnu et des codes qui nous sont étrangers.

En cadrant au plus près des protagonistes, y compris dans les scènes de chasse à la baleine en haute mer, très spectaculaires, Philippe Yuryev renforce ce côté – paradoxal – d’un huit clos en pleine nature. Et derrière un aspect contemplatif, le film joue sur un vrai dépaysement face à un tel monde.

La première partie de l’histoire tient toutes ses promesses et l’histoire exprime bien la solidarité de cette peuplade, la mise en commun des richesses, mais aussi sinon une forme de misère sexuelle du moins une aliénation affective. L’histoire perd un peu de sa force en revanche dès lors que Leshka, qui se croit meurtrier, prend la fuite en volant un bateau, tout pénétré qu’il est de son rêve américain. En prime, on peut trouver très optimiste sa rencontre armée avec un garde côté américain, tant l’issue semble heureuse ce qui est rarement le cas pour les migrants. Et son errance en forme de survie dans la toundra tire un peu en longueur.

Pour autant, ce film fait un portrait émouvant des candidats au départ qui ne quittent pas leur pays par pur caprice, mais poussés par une vraie nécessité. Une situation qui touche, malheureusement, à l’universel et qui conduit les spectateur à regarder l’autre en sortant de ses préventions, de ses peurs.

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