Face aux femmes qui apparaissent le plus souvent comme des victimes, le personnage de Johnny est vraiment un affreux, pas vraiment cool et qui promène sa morgue dans le petit monde de Londres. On est bien loin de l’univers porteur d’espoir d’un Ken Loach, même s’il décrit la réalité de manière frontale. Chez Mike Leigh, c’est le règne des bas instincts, d’une vraie violence sociale avec une humanité qui dérive.
Si le film a aujourd’hui quelques longueurs, il conserve toute sa dimension de critique sociale et une vision pessimiste de l’humaine condition. Avec sa manière de s’exprimer dans un anglais plutôt sophistiqué, Johnny symbolise bien la solitude d’un personnage qui cherche à donner un sens à sa vie dans la Grande Bretagne de l’après-Thatcher. Il est l’expression même de toutes les frustrations de la classe ouvrière et semble en permanence capable de perdre tout contrôle.
Sans jamais ouvrir la voie à une conclusion rédemptrice, ce drame est une expression forte d’une crise sociale des plus fortes avec un « héros » qui bascule vite vers la violence et une forme de misogynie tout à fait sadique.
