Le magicien du « chaos »

    Avec le parti pris un peu scolaire de cartons qui viennent préciser les temps politiques du récit, Oliver Assayas signe une adaptation studieuse, mais qui manque de souffle. Et le fait de faire raconter cette quête du pouvoir absolu par un « mage », rangé des voitures, et qui se confie à un chercheur américain venu le visiter au cœur de la forêt russe ne permet pas au film d’embarquer son monde.

    Outre certaines erreurs – l’évocation dans le laboratoire des hackers des anti vaccins alors que cela se déroule bien avant la Covid – le jeu un brin monotone de Paul Dano, s’il s’impose dans la période où il est dans l’ombre de Poutine et tenu au secret, manque de nerf dans la première partie de sa vie où, jeune homme ambitieux, il est immergé dans les fêtes un peu folles de la jeunesse dorée russe et les groupes d’art provocateur. Et quand Olivier Assayas intègre de vraies images d’actualités, comme les manifestations des Pussy Riots ou les cérémonies d’intronisation de Poutine, le décalage est encore plus net.

    Bref, l’adaptation est ambitieuse, mais un peu trop scolaire pour nous embarquer sans réticences. On est loin de la force qu’avait insufflé le cinéaste en racontant l’épopée de Carlos.

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