Une aventure politique et surréaliste

De manière très originale, l’utilisation récurrente du plan fixe du regard de la petite Alice symbolise le défi de la protagoniste face à son inadéquation au monde qui l’entoure, alors même qu’elle est l’héroïne de son propre rêve, mais aussi sa génératrice. Dans un tel contexte politique, les extraits de dialogue prennent alors une certaine résonance

Explorant la psychologie de l’enfant en utilisant une approche surréaliste, cette version plus sombre du conte célèbre est d’une très grande force visuelle qui passe de manière subtile de l’émerveillement à une certaine noirceur avec le thème de l’eau, symbole de vie, mais aussi de noyade au cœur du récit. Sans oublier la présence de ces vraies poupées dont le regard interrogateur ne peut qu’inquiéter.

Une subtile version politique et artistiquement audacieuse de l’opus original qui reçut le Grand Prix du long métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy en 1989. Avec, dans le bonus, une intéressante présentation destinée au jeune public et le documentaire de Michel Leclerc et Bertrand Schmitt : Les Chimères des Svankmajer.

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