Une errance dans un train classique qui conduit la star à descendre de son piédestal, à jouer même les héros lors d’une course-poursuite dans les champs après que le voleur du sac d’une grand-mère a tiré le signal d’alarme pour s’enfuir avec son butin.
Si le film connaît parfois des baisses de rythme, notamment quand le comédien arrive en Toscane, sa force repose sur le lien que Jay entretient à son ami et manager, campé par Adam Sandler qui signe un numéro impeccable en agent ayant tout sacrifié pour l’artiste et ayant fait passer sa vie de famille loin derrière. Même quand il retrouve son vieux père, qu’il a délaissé, Jay Kelly n’est pas capable de lui acheter un cadeau tout seul et demande à son attachée de presse de le faire. Commentaires du cinéaste : « Je pense que, pour chacun de nous, il y a un fossé entre ce que nous sommes au fond de nous-mêmes et ce que nous présentons de notre identité, et ce fossé vraie selon les différents rôles que nous jouons dans notre vie. »
Entre comédie américaine à la Cary Grant – Clooney est d’une élégance permanente et capable de jouer, ironiquement, avec son image- et clin d’œil au cinéma italien avec, en arrière-plan, la campagne italienne et la présence radieuse de Alba Rohrwacher, cette comédie douce-amère est une manière de signifier à quel point le monde ne serait pas celui que l’on connaît sans le cinéma, qui nourrit notre imaginaire et offre tant de repères dans nos vies. Classique, mais efficace.
