Faisant référence à ses propres souvenirs de résistant et à l’action de Lucie Aubrac, évoquant de véritables réseaux de résistance pour mettre en place ces personnages, Melville reprend ici des thèmes qui lui sont familiers et que l’on retrouve aussi dans des films noirs : la fidélité à la parole donnée, la trahison des amis, les codes qui régissent les individus vivant en communauté. « Dans ce film, j’ai montré pour la première fois des choses que j’ai vues, que j’ai vécues. Toutefois, ma vérité est, bien entendu, subjective et ne correspond certainement pas à la vérité réelle » disait encore le réalisateur.
Avec un casting trois étoiles – le duo formé par Lino Ventura et Simone Signoret est remarquable de justesse – L’Armée des ombres reste sûrement le plus grand film de ce maître des silences et d’une mise en scène ciselée de bout en bout. L’insoutenable séquence de l’exécution du jeune traître en est l’expression la plus forte.
