Léa Drucker en incorruptible

Le réalisme est renforcé par le choix de Dominik Moll de s’inspirer des incidents nés durant les manifestations des Gilets jaunes, notamment celui d’une famille dont un des membres a été mutilé par une grenade de désencerclement et n’a pu reprendre le cours d’une vie « normale ».

Par conviction et sens du devoir, Stéphanie ne néglige aucune piste et sort même un peu de son rôle quand elle suit jusqu’à chez elle la femme de chambre de l’hôtel de luxe dont elle est persuadée qu’elle en sait plus qu’elle ne veut bien dire. Ce qui permet aussi d’évoquer ce monde des petites mains qui, confrontés à des attitudes de suspicion permanente, voire de racisme, a peur de parler aux autorités. Une des bonnes idées du film, c’est d’avoir choisi une enquêtrice au féminin qui doit auditionner des hommes confrontés à leurs mensonges. En changeant les perspectives habituelles sur le pouvoir, cela confère une certaine originalité à l’histoire et ce, d’autant plus que Léa Drucker campe avec une grande authenticité cette enquêtrice. De même, le choix de Saint-Dizier comme lieu d’origine des personnages permet de renvoyer à une France souvent oubliée, notamment dans ces régions de l’Est qui ont souffert de la désindustrialisation.

Un polar d’autant plus efficace qu’il est ancré dans une vraie dimension sociale.

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