Ce qui densifie le scénario et rend le film encore plus fort, c’est l’introduction de la relation entre Céline et sa mère, Marguerite, une pianiste virtuose – Noémie Lvovsky est parfaite – qui passe plus de temps sur les scènes du monde qu’à entretenir les échanges avec sa fille. D’autre part, l’intelligence du scénario, c’est de placer d’une certaine manière Céline du côté des pères car elle est presque « spectatrice » de la grossesse de sa femme. Ce qui crée un autre regard sur les questions de genre et apporte une autre originalité au film. En prime, par son caractère, son franc parler, sa compagne, jouée par Monia Chokri, échappe à l’image de la femme enceinte de comédie romantique.
Sans jamais jouer sur la corde dramatique – la cinéaste a préféré privilégier l’humour et de la tendresse – Des preuves d’amour est un film construit sur une mise en scène en mouvement qui suit au plus près le parcours de Céline, admirablement campée par Ella Rumpf (révélée dans Grave, de Julia Ducournau) et qui exerce un métier de nuit, DJ, ce qui conduit à des séquences dynamiques et qui ont du sens dans des boîtes de nuit.
Un scénario subtil servi par une mise en scène inspirée.
