Collant à ses personnages avec une caméra toujours très pudique, Isabelle Carré signe un film, moins surprenant par sa réalisation, que pas un scénario très dense qui aborde un grand nombre de pistes de lecture. Et elle décrit bien comment ces ados enfermés dans ses années 80 semblent vivre un peu dans une forme d’autarcie, même si la présence médicale est bien là.
Par le truchement du personnage du frère musicien, joliment campé par Axel Lutz, la réalisatrice-actrice donne des raisons d’espérer, notamment en évoquant ses récentes recherches faites sur l’importance de « l’art thérapie » qui commence à porter ses fruits. Une réflexion nourrie des propos de la philosophe Cynthie Fleury et du designer Antoine Fenoglio. Elle conclue : « Les adultes de passage qui se pointent juste pour distribuer des médicaments, cela ne marche pas, tout comme l’enfermement, l’isolement bien verrouillé avec des clés – son que j’ai accentué volontairement dans le film.«
En passant derrière la caméra, Isabelle Carré signe un opus lumineux et intime, sans jamais que cela ne tombe dans une forme de voyeurisme ou de bienveillance forcée.
