Se révolter pour survivre

« On vit dans un cimetière« , lance la candidate à la députation qui refuse de céder à la politique sale et à la corruption interconfessionnelles qui gangrène l’état libanais en déroute financière et voit la population vivre dans un désarroi total. Avec le sentiment d’être maudit et abandonné qui ne fait que croître après l’explosion du port, avec le nombre impressionnant de victimes et tous ces appartements dévastés. Perla Joe explique bien, par exemple, comment elle a survécu miraculeusement à la déflagration. À cet égard la séquence d’hommage avec l’envol des ballons blancs symbolise bien l’émotion que ressentent les proches des disparus. Avec, comme le dit un des témoins, un sentiment d’urgence : « Ou c’est la reconstruction, ou c’est la destruction. »

Si la cinéaste parvient bien à faire ressentir les blessures profondes d’un pays qui va de chaos en chaos, il faut être un brin au fait de l’histoire libanaise pour ne pas être perdu dans ce récit touffu où l’on a parfois du mal à comprendre d’où « viennent » les principaux témoins, notamment Georges Moufarej, qui a bien du mal à taire les démons de son passé… Pour autant, l’énergie de survie de ce peuple, dont Perla Joe est un symbole fort (on le voit dans les séquences de manifestation comme dans le chant final), est assez stupéfiante. Un documentaire qui a obtenu les Grand prix du Jury au Champs-Élysées Film Festival.

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