À travers ce biopic, le cinéaste pose la question d’une forme d’engagement et du parcours d’un homme de convictions qui arrive pourtant malgré son attachement au parti communiste à parler au delà de son propre parti pour servir une certaine idée politique.
Elio Germano campe de manière magistrale cet homme cultivé, qui passait son temps à écrire, à lire, et aimait aussi la discussion politique, y compris dans le cercle restreint familial avec ses enfants. Andrea Segre poursuit : « Il utilisait rarement des slogans et ne criait pas, même lorsqu’il se trouvait face à des centaines de milliers de personnes. » Préférant parler à l’intelligence qu’à l’émotion pure, Berlinguer fut apprécié bien au-delà du cercle des communistes, dont le rôle était central dans la vie politique italienne dans les années 70-80.
Emporté par une hémorragie cérébrale en 1984 lors d’une réunion publique à Padoue, à l’âge de 62 ans, six jours avant que son parti n’arrive pour la première fois en tête d’une élection avec plus de 33% des voix, devant la Démocratie chrétienne , Enrico Berlinguer a marqué de sa personnalité la scène politique européenne. Et les images d’archives, toujours très habilement choisies sans jamais être envahissantes, de son enterrement où l’on voit aussi bien Fellini que Mastroianni entourant le cercueil, prouvent à quel point il a marqué ses contemporains. De fait, 13 juin 1984, un million et demi de personnes affluèrent à Rome pour ces funérailles, les plus grandes de l’histoire du pays…
