Plus qu’un long discours, ce film dit, à travers les images tremblés, la communication qui est souvent coupée, parfois inaudible, le quotidien de misère des gazaouis qui doivent subir les éclats des armes, la faim… Fatma Hassouna répète : « On y est habitués mais on ne s’y fera jamais. » Comme il dit aussi , sans détour, la situation des femmes, le port du voile (et les questions venant d’une Iranienne ont une résonance certaine). Venant rythmer ces conversations, il y a les photos de Fatma Hassouna qui voulait en faire son métier et dont l’œil sur la réalité est surprenant, tant elle fait preuve de maturité et d’un vrai « regard ».
Un tir israélien en a décidé autrement, et Fatma n’a jamais vu le film de sa courte vie, ni visité Cannes, comme elle en rêvait (après Téhéran et Rome). Une victime de plus chez les témoins de la destruction quasi systématique de Gaza dans lequel plus de 200 journalistes et professionnels des médias ont été tués par les attaques de l’armée israélienne depuis le 7 octobre 2023…
Et tragiquement l’offensive récente sur le centre de la ville et les destructions systématiques commises par les forces israéliennes rendent ces images encore plus poignantes.
