Le vrai coup d’envoi de la carrière de la « Bardot brune » – elles tourneront ensemble, en 1971, Les Pétroleuses, sympathique comédie d’aventures – elle le doit à Luchino Visconti qui lui fait peindre les yeux en noir et lui donne les bases du métier pour tourner Rocco et ses frères. Elle a 22 ans. Trois ans plus tard, elle le retrouve pour Le Guépard dans lequel elle crève l’écran au côté d’Alain Delon. Elle n’arrêtera plus de tourner…
Si Hollywood l’a réclamée, Claudia Cardinale a toujours refusé de s’y installer même si elle a marqué de sa présence des films ambitieux comme Le Plus Grand Cirque du monde, de Henry Hathaway où elle joue la fille de Rita Hayworth. Elle a ainsi aussi bien joué pour les cinéastes du renouveau italien – tels Bolognini, Zurlini ou Squitieri (son compagnon pendant trente ans et père de sa fille)- que des figures du cinéma américain (Edwards, Brooks…). Sans oublier, en Allemagne son apparition dans le film maudit de Werner Herzog avec Klaus Kinski : Fitzcarraldo. Au terme de son parcours, elle déclarait , à 74 ans, sur France Culture : « J’ai eu la veine de commencer dans les moments magiques du cinéma. Tous les grands metteurs en scène ont été mes maîtres et moi, je n’ai jamais appelé personne. C’est eux qui m’ont demandée ».
Féministe militante, elle était , depuis 2000, ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour la défense des droits des femmes. Ayant toujours refusé de se dénuder, Claudia Cardinale avait recommandé aux jeunes comédiennes de ne pas « tout accepter pour un rôle qui peut vous abîmer ou vous donner l’impression de vous vendre ».
« Elle est la seule fille simple et saine dans ce milieu de névrosés et d’hypocrites », disait d’elle Marcello Mastroianni.
