Le résultat prouve que la démarche était la bonne car, sans jamais tomber dans la caricature ou la sensiblerie facile – Laura Wandel parvient à décrire avec justesse le comportement des deux principales protagonistes en ayant en permanence la distance suffisante avec le sujet pour être sans forcer le trait dans la vraisemblance. Le fait d’avoir tourné en plans-séquences a sans doute renforcé la chose créant aussi un climat d’épuisement volontaire chez les acteurs.
D’ailleurs, la force du récit tient aussi essentiellement à la performance des deux comédiennes qui se complètent parfaitement de séquence en séquence et font passer bien des émotions différentes. C’était d’autant plus important que la cinéaste avait refusé de sur-définir les personnages. Léa Drucker est absolument remarquable d’humanité dans le personnage de cette infirmière qui brave sa hiérarchie au nom de ce qu’elle croit utile et juste à son jeune patient. Quitte à prendre bien des risques. Quant à Anamaria Vartolomei, elle est bouleversante dans le rôle de cette jeune femme perdue, paumée, et qui s’accroche à son fils comme à une bouée de sauvetage dans un forme de pur amour, et toxique en diable.
Une histoire aussi simple que forte sur un sujet qui sort des sentiers battus.
