Sergi López : errances désertiques

Pour ce quatrième film, Olivier Laxe (on se souvient de Mimosas, Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes) signe une mise en scène qui a du souffle – certains séquences dans leur tension renvoient au Salaire de la peur – et semble construit comme une partition musicale, tant David Lettelier, alias Kangding Ray a su faire de la musique l’autre acteur essentiel du récit, faisant même apprécier, même si l’on n’est pas amateur, la puissance évocatrice de certaines mélodies techno. Et Olivier Lax de souligner : « Je voulais faire un voyage sonore : partir d’une techno brute, viscérale, presque mentale pour aller vers une ambient épurée, presque immatérielle – atteindre cet endroit où le son se désagrège. » Un pari parfaitement réussi tant la musique donne le tempo à ce road movie tragique.

Le film a remporté le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, frappé par l’originalité de la mise en scène et ce récit sortant de l’ordinaire. Pour autant, si le casting est crédible, cette errance s’étiole un peu au fil de la route et dans la séquence finale dans un désert devenu lieu de tous les dangers, la répétition des « incidents » devient un peu monotone. Il manque un peu de profondeur au scénario pour faire de ce film, à la réalisation impeccable et bourrée d’imagination, un très grand film.

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