De manière précise, en suivant l’acheminement du minerai, du fond des mines creusées au petit bonheur, pas étayées, jusqu’au courtier à la ville voisine, Jean-Gabriel Leynaud montre comment un nouvelle forme de colonialisme à l’échelle mondiale, cette richesse locale profite très peu aux principaux intéressés car, comme le dit le cinéaste, « pour rester bon marché, ce minerai coûte très cher à ceux qui l’extraient. » Avec une tristesse certaine, un policier des mines fait un constat qui fait froid dans le dos : « Si mes enfants grandissent ici, ils deviendront mineurs ou prostitués.«
La force du documentaire tient, outre à sa démonstration implacable de cette vie en forme d’enfer quotidien, à une mise en images magnifiques qui donne une résonance encore plus forte à ces tranches de vie précaires et soumises à une violence quasi quotidienne. Un doc qui montre aussi la fraternité qui peut régner entre ces frères misère.
Derrière la beauté saisissante des paysages, il y a une violence latente et le doc – très efficace et documenté – montre aussi comment les exploiteurs ont su jouer avec les tensions tribales comme jouer sur les conflits avec le Rwanda voisin qui soutient notamment le groupe armé du M23.
