Embauché par Ken Loach pour son premier film, en 1967, Pas de larmes pour Joy, Terence Stamp n’a cessé jusqu’au terme de son parcours de brouiller les pistes et d’échapper à toutes les étiquettes. Ainsi, il figura aussi bien au générique de The Hit, de Stephen Frears en 1984, de L’Anglais de Steven Soderbergh, en 1998 qu’à celui de Star Wars ou de Wall Street.
Souvent qualifié « d’Ange du bizarre », avec son regard d’un bleu perçant, Terence Stamp a marqué l’écran de sa griffe de dandy décalé. En 1968, adaptant (au côté de Roger Vadim et Louis Malle) pour un film à sketchs illustrant Les Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe, Federico Fellini avait perçu le potentiel inquiétant du comédien et il lui avait offert dans Toby Dammit, le rôle d’une star de cinéma, un comédien dépravé, drogué qui venait à Rome pour tourner le premier… western financé par l’Église !
Avant de revenir au cinéma au début des années 80, Terence Stamp avait connu une éclipse après sa rupture sentimentale difficile avec le mannequin Jean Shrimpton. S’éloignant des caméras pendant des années, il s’était d’abord exilé à Ibiza, avant de se retirer en Inde en 1977 à la recherche d’une forme de spiritualité : il s’était alors initié au bouddhisme dans un ashram et partit vivre un temps au Japon.
Terence Stamp a fini sa carrière par des superproductions où on ne l’attendait pas vraiment. Ainsi il est Chancelier suprême du Sénat galactique dans Star Wars, épisode 1 : La Menace Fantôme, de George Lucas en 1999. Il commentait alors, pratiquant toujours l’autodérision : « C’est tout de même excitant d’être le maître de l’Univers »
Un gentleman du cinéma au parcours vraiment atypique.
