Une violence silencieuse

C’est ce qui donne à ce film une atmosphère singulière alors même que les histoires de gangs sont monnaie courante dans le cinéma de genre. Mais, dans ce cas, cela confère un certain cachet à un récit qui se joue des atmosphères nocturnes grâce au travail du directeur de la photographie Nadim Carlsen. Et l’histoire montre aussi que, même chez les membres d’un gang, la crise est bel et bien là et que les ressources de revenus, même criminelles, semblent plus précaires. Le capitalisme sauvage ne nourrit plus son truand…

Utilisant bien les lieux familiers et populaires de Taïwan, Keff semble vouloir capter une espèce d’archives visuelles de l’île dont l’avenir est aujourd’hui des plus incertains face aux tentatives hégémoniques de la Chine. Si le film a parfois la main lourde sur les scènes de violence, s’il aurait gagné à être un peu plus court pour éviter certaines redites, il offre un tableau singulier de la vie à Taïwan très méconnue d’un large public. Une vision sans espoir comme le symbolise l’image du père quittant son restaurant avec, pour seul bien, deux valises et des souvenirs.

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