Il en est de même pour la disparition de William Holden, un « des acteurs de cinéma » que le médecin avoue avoir « admiré le plus ». Et en auscultant la blessure de 6,35 centimètres qui allait de son front à son crâne, Thomas Noguchi créa un petit scandale en révélant que fort taux d’alcoolémie d’un acteur vivant dans un isolement certain et un décor réglé au millimètre avait été déterminant dans sa mort. « Dans la salle d’autopsie, en évaluant la quantité de sang perdue, j’avais estime que Holden avait survécu au moins une demi-heure avant de perdre connaissance. Et durant ce laps de temps, je supposais que l’alcool avait joué son rôle habituel, l’empêchant de réagir de façon adaptée face à l’urgence de la situation. »
In fine, le plus intéressant dans le récit, c’est de découvrir ce qui fait un grand médecin légiste, ses techniques d’observation, notamment sa manière d’observer la pièce où se trouve le ou la disparu(e)… Et puis, il y a la chance. Le toubib se souvient ainsi comment, en cherchant un cadeau de Noël pour sa femme, il eut l’intuition de dénicher l’objet qui avait tué une jeune actrice blonde : un talon aiguille d’un soulier. Pour autant, il fallait expliquer comment le coup avait été porté avec une telle force. Un membre de son équipe suggéra alors que le meurtrier soit un travesti ou un transsexuel, ce qui résoudrait la question. Pour autant, si la cause de la mort fut trouvée, on ne retrouva jamais le coupable.
Au passage, l’auteur montre aussi comment il fut victime de cabale à cause de ses origines quand la Commission d’inspection des services fut chargée de l’écarter de l’Institut médico-légal après qu’il a tenté d’obtenir des subventions sans passer par la voie hiérarchique. Ainsi, une secrétaire l’accusa d’être raciste. « Je haïssais les « nègres, les juifs et les Japs » affirma-t-elle. Elle semblait oublier que j’étais moi-même japonais » écrit-il.
Le récit d’un métier professionnel qui témoigne d’une personnalité très singulière.
(*) Ed. Nouveau Monde
