Lea Massari : la discrète

Le début des années 70 lui a permis de marquer le grand écran de deux compositions. C’est en retrouvant Alain Delon en 1972 dans Le Professeur que Lea Massari signe une de ses compositions les plus fortes dans le rôle de l’épouse abandonnée de ce drame prenant (cela reste aussi un grand film pour Delon). Un an avant, elle avait fait beaucoup parler d’elle en jouant une mère ayant des relations incestueuses avec son fils, dans Le Souffle au cœur, de Louis Malle.

Ses gestes, son regard, le timbre de sa voix a marqué à jamais le grand écran. Avant de se retirer des plateaux dans les années 80, la plus « française des actrices italiennes », comme elle fut souvent surnommée, a enchaîné avec des réalisateurs de renom : Les Choses de la vie de Claude Sautet, La Course du lièvre à travers les champs de René Clément, Le silencieux de Claude Pinoteau, Le fils de Pierre Granier-Deferre, Allonsanfan des frères Taviani, Peur sur la ville d’Henri Verneuil, ou encore Le Christ s’est arrêté à Eboli de Francesco Rosi.

En 1977, dans une interview étonnante de RTS (la Radio Télévision Suisse), elle avait évoqué avec une belle franchise la vie d’artiste. Au journaliste qui lui disait qu’elle est « très peu actrice hors des caméras », Lea Massari répondait simplement : « C’est obligatoire et facile de fermer la porte après un tournage » Une femme qui savait prendre des distances avec ce petit monde des apparences et ajoutait : « C’est un métier terrible. Il a une certaine beauté, mais cette beauté arrive et part au moment où on tourne. À ce moment-là, éclate quelque chose qui s’éteint au moment du stop. »

Clap de fin pour une actrice pudique, belle et simple qui continuera d’éclairer le grand écran de son jeu singulier et de sa voix un peu voilée.

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