Pour autant, cette « aventure », même si elle est réalisée avec soin a du mal à susciter une vraie émotion, à passionner. De fait, comme l’issue est archi connue, le spectateur a besoin de s’accrocher à quelques aspérités du scénario qui n’en offre pas vraiment, hormis cette approche psychologique et quelques personnages intéressants comme celui d’Antinous, joué avec intensité par Marwan Kenzari. On a alors le sentiment qu’Uberto Pasolini est presque écrasé devant un tel mythe. Se retrouvant pour la première fois depuis Le Patient anglais, Ralph Fiennes et Juliette Binoche mettent pourtant beaucoup de conviction pour camper ces deux héros marqués par la vie face à Charlie Plummer qui signe une composition un peu fade de Télémaque.
Conduisant au massacre final des prétendants dans l’atmosphère sombre de la salle de réception, The Return n’évite pas certains pièges et la musculature d’un Ulysse, filmée sous tous les plans, lui donne soudain des allures de héros Marvel. Quant au décor, cette forteresse au sommet d’un piton a plus des allures d’un coin d’Irlande que d’un paysage grec. Le mythe d’Ulysse méritait moins de tiédeur dans le traitement.
