Petit à petit, cette famille voit se craqueler ses belles certitudes à la suite d’une agression tragique d’un SDF plongé dans le coma. Alors, graduellement, le réalisateur décrit une société où l’argent est roi et où une jeunesse, biberonnée aux images virtuelles, est devenue de la graine de violence, capable de toutes les bassesses pour survivre et ne pas assumer leurs actes. Jin-Ho Hur a un talent fou pour dresser un portrait au vitriol de cette jeunesse que rien ne semble pouvoir sauver et qui fait montre d’un cynisme absolu. Face à eux, les parents – les acteurs sont impeccables, notamment Sul Kyung-gu, interprète subtil de l’avocat – ont bien du mal à ne pas renier leurs principes moraux pour défendre, coûte que coûte, leur progéniture.
Un film dont la chute déçoit un peu et qui aurait gagné en restant dans le flou tout en détruisant le mythe de la famille, conçue comme un cocon protecteur. En tout cas, la société coréenne actuelle ne sort pas grandie de ce jeu de massacre chez les ultra-riches qui croient que tout peut s’acheter.
