Une enfance cabossée

Dès le début, quand Maria fait les poubelles avec sa mère, étouffante, le film affiche sa volonté décapante, provocatrice. Et l’on sent vite qu’élevée dans un tel désordre affectif, et olfactif, la jeune Maria aura bien du mal à échapper aux démons du passé, même une fois placée auprès d’une femme généreuse. Et il suffit de l’irruption d’un jeune éboueur, lui aussi porteur de névroses anciennes, pour réveiller des souvenirs douloureux.

Filmé avec talent et bien joué, l’histoire aurait pu donner lieu à un récit plus subtil sur cette affliction, mais il se contente trop de multiplier les séquences « dérangeantes » avec une certaine complaisance – qui plus est le film est long- ce qui finit par affadir le propos. Il y avait pourtant d’autres pistes intéressantes à exploiter comme celui de cette femme dévouée et qui s’occupe avec amour de Maria ou celle de la jeune voisine délurée. In fine, le côté provocant finit par devenir gratuit et l’histoire perd beaucoup de son impact. C’est d’autant plus dommage que le point de départ était original et fort.

Laisser un commentaire