Changement de cap avec Somniloquies, dont les images sont travaillées pour effleurer les corps, en évoquant la personnalité de Dion McGregor, un auteur de chansons disparu en 1994, qui était connu pour parler durant son sommeil. Enfin, avec De Humani Corporis Fabrica, le documentaire présente une succession d’images explicites autour du corps humain mis à nu dans la maladie comme dans la mort… Un travail qui s’inscrit dans le prolongement des recherches de l’anatomiste André Vésale qui, il y a cinq siècles, ouvrait pour la première fois le corps au regard de la science… Le titre renvoie à À propos de la fabrique du corps humain en sept livres« , son traité d’anatomie humaine, qu’il rédigea entre 1539 à 1542.
Dans tous ces documentaires, il est parfois difficile de tout regarder, tant la caméra plonge au « cœur » des choses, par exemple au cœur d’une opération chirurgicale, aux côté des soignants. Et l’on peut parfois se demander ce qui unit quatre documentaires aux thèmes les plus différents les uns des autres ? Indéniablement, il y a la volonté de faire disparaître les frontières entre le corps, l’environnement et le monde en général. Et puis, il y a la beauté formelle de ces docs dont les images sont souvent d’une force étonnante. Même si, parfois, la beauté est proche de l’effroi, voire de l’horreur… Un univers en tout cas d’une totale singularité.
