Amour et manipulation

Par une mise en scène qui colle aux situations, par l’utilisation astucieuse de cette maison où tout est en désordre, que l’on sent un peu délabrée aussi, Enrico Maria Artale nous fait plonger au cœur de cette névrose quotidienne avec une mère dont le prénom n’est jamais dit. Une maison dont le seul moyen de s’échapper la nuit, quand l’autoritaire mère ferme les portes, pour aller boire un verre est de faire « le mur », en passant pas les toits, tels des adolescents attardés.

Jouant sur un mélange d’espagnol et d’italien, le langage d’origine de la mère et celui de cette terre d’accueil, sans oublier le dialecte romain, le film fait bien ressentir la frontière ténue entre l’amour inconditionnel et la manipulation.

Doublement primé à Venise – meilleur scénario et meilleure actrice pour l’étonnante Margarita Rosa de Francisco faisant passer une large palette d’émotions, de violence aussi – El Paraiso est un drame tout à fait singulier et une dérangeante approche psychologique de relations familiales toxiques. Il dépeint aussi, de manière très juste, tout un petit monde qui survit de combines et de trafics en tout genre, en banlieue de Rome au bord de la mer.

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