Jouant sur le contraste entre une nature sauvage – ceux de Géorgie et de Caroline du Sud – et dans laquelle règne un calme apparent, le film montre bien comment la violence des hommes peut surgir à n’importe quel moment et certains scènes conservent, malgré le temps passé, un réalisme parfois insoutenable. Le fait que ces citadins usent d’arc pour chasser renforce encore la force de ces moments de pure brutalité quand un trait vient déchirer le silence des bois.
Au passage, on note l’apparition dans l’histoire du romancier dont est tiré le film, James Dickey, qui y campe un shériff. Et le fils du personnage joué par Jon Voight est joué par Charley Boorman, propre rejeton du réalisateur. Enfin, au cœur de ce drame puissant, il y a une musique originale magnifique, notamment dans la séquence où un des citadins jouent en duo avec ce jeune paysan handicapé mental et joueur émérite de banjo. Ce morceau, signé Arthur Smith en 1955 et repris ici sous le titre de Dueling Banjos – joué et arrangé par Eric Weissberg au côté du guitariste Steve Mandell – symbolise la tentative de rapprochement entre ces deux mondes. Malheureusement, la musique n’adoucit pas (toujours) les mœurs.
