Si le film ne parvient pas toujours à garder son intensité, si la voix off s’avère monotone sur la durée, la mise en scène utilise habilement les photos en noir et blanc dans cet univers non dépourvu d’un certain lyrisme et la connaissance du terrain du cinéaste lui a permis d’utiliser à bon escient la lumière selon les moments de la journée. Il soulignait : « Avec Josée Deshaies, qui signe l’image du film (et qui avait fait celle de mon premier court métrage) et Toma Baqueni, le chef décorateur (qui a aussi travaillé sur mes deux films précédents), nous cherchons des axes de caméra et des durées de plans qui permettent à la lumière de bouger presque en temps réel, sous nos yeux. La lumière dans une tragédie permet aussi qu’on ne soit pas trop accablé par ce qui se joue. » Quant au cinéaste, il apparaît en prêtre, jouant ce parrain d’Antonia, que l’on découvre vêtu de cuir, avant qu’il n’enfile sa soutane…
Si certaines scènes sont parfois un peu compliquées à appréhender dans l’économie du récit, il se dégage de ce drame une vraie authenticité et le portrait d’une faillite dans la description d’un rêve collectif.
