Redonner du sens à sa vie

Pour le cinéaste, électricien à l’origine, ce premier film est le prolongement d’une longue histoire. Ryan J. Sloan raconte : « J’ai commencé à travailler pour l’entreprise d’électricité de mon père dès l’âge de 13 ans. Mon rapport au cinéma vient entièrement de ma mère, contrainte de rester alitée après une chute qui lui a brisé les jambes et le dos. Ensemble, nous avons développé un amour profond pour la narration visuelle, et c’est comme si j’étais rentré dans une sorte d’école de cinéma avec ma mère comme professeur. Mais j’ai toujours eu l’impression d’être un outsider – une sorte de col bleu de la création, qui ne correspondait jamais à aucun des rôles. »

Monté avec un budget réduit, The Gazer réussit à distiller une atmosphère certaine grâce au beau travail de photographie de Matheus Bastos, notamment dans les atmosphères nocturnes quand Frankie erre, repliée sur sa maladie. C’est ce qui fait la force d’un film dont le scénario se perd parfois sur des chemins de traverse sans toujours les exploiter complètement, notamment dans la partie plus policière de la mystérieuse mission. Parfois, la construction en spirale qui fait revivre un évènement brouille aussi la compréhension de l’histoire.

Pour autant, dès ce premier film, Ryan J. Sloan réussit à faire œuvre singulière et l’on découvre une comédienne, Ariella Mastroianni, dont le jeu est assez intense.

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