Rêves de jeunes filles

Par le truchement des plans fixes, d’une caméra qui ne bouge pas beaucoup, Saulė Bliuvaitė fait bien ressentir l’enfermement que vivent ces deux amies qui évoluent dans ce décor d’un anonymat sinistre. Le côté réaliste des scènes – comme celle où Kristina se fait percer la langue dans une modeste officine – ne prend alors que plus de résonance dans le récit dont le seul rayon d’optimiste tient à la relation qu’elles entretiennent, un peu comme deux sœurs.

In fine, le choix d’un titre comme Toxic résume tout ce qui peut sembler dangereux dans nos sociétés : que ce soient les standards de beauté, les banlieues anonymes ou encore le rapport aux hommes.

Comportant quelques éléments qui renvoie enfin aux contes, ce film sensible et sortant des sentiers battus a reçu le Léopard d’or du meilleur film au dernier festival de Locarno et le Prix de la première œuvre. Des récompenses tout à fait méritées pour un film à découvrir.

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