Un polar culinaire

Cela confère à ces moments passés au cœur des cuisines un vrai réalisme sans que jamais cela semble un documentaire pesant. Avec le personnage de Clovis Cornillac, qui a tout sacrifié pour la réussite de son établissement qu’il veut léguer à sa fille, on mesure bien comment une telle gestion peut virer à l’obsession et fait du chef une espèce de tyran domestique, même s’il aime les équipes (c’est encore plus vrai dans le restaurant de Tapei). De même les séquences du salon de gastronomie à Taïwan montre bien comment fonctionne ce petit monde en vase clos et Louis-Do De Lencquesaing campe un critique gastronomique d’une morgue sans pareille.

Sur le mode du polar et du film de voyage, avec un autre personnage qui est la nature en France comme à Taiwan, et l’élément aquatique, La Réparation évoque aussi les relations familiales, la transmission et le duo formé par Clovis Cornillac et Julia de Nunez, repérée dans la série Bardot, qui sait faire passer bien des émotions dans ce personnage de jeune femme brisée quand elle apprend la vérité.

Porté par la belle photographie signée Renaud Chassaing, La Réparation est un film de facture sans doute classique, mais à la mise en scène ample, avec notamment l’étrange atmosphère de conte médiéval de la séquence d’ouverture, tout à faire inattendue. Si la retournement final est un peu prévisible, Régis Wargnier marque son retour derrière la caméra par un film un peu inégal et que l’on n’attendait pas.

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