Derrière la noirceur du propos, et c’est une des forces du drame, Magnus von Horn évoque bien d’autres thèmes : que ce soit celui du sort des ouvriers, avec ce patron qui séduit, mais n’épouse pas; celui des gueules cassées, marquées à vie par 14-18 et qui répugnent leur entourage, finissant pas être exhibés dans un cirque pour survivre. ou encore celui de l’avortement avec une scène qui ne peut que faire réagir.. C’est ce qui fait la densité d’un film où l’on oscille entre le fait-divers – la séquence de tribunal est très forte – et un univers plus fantastique à la Freaks, auquel le monde du cirque renvoie (la séquence où Karoline renoue avec son ex-mari est très émouvante, même si elle est à la limite du soutenable).
Ce drame décrit une humanité pas vraiment reluisante l’atmosphère du début du siècle dernier, sans s’en tenir au strict biopic avec la présence de cette jeune ouvrière qui peut symboliser le regard de la société -même si elle est complice d’une certaine façon- sur cette tueuse.
Une telle noirceur absolue, la beauté du laid, ne peut laisser indifférent et nous interpelle.
