Face à cette femme, capable aussi bien d’engueuler un médecin que de harceler son fils qui se réfugie dans la nourriture et est obèse ou son mari, muré dans son silence, la sœur symbolise une forme de joie de vivre et son salon de coiffure et un lieu qui pétille de vie, et dans lequel les clientèles se racontent leurs petits secrets, blaguent, se moquent les unes des autres…
Une fois encore, il y a une grande justesse des dialogues dans ce film sans doute due au fait que Mike Leigh multiplie les répétitions en amont, travaillant avec les acteurs dans les costumes du film, pour laisser ensuite aux comédiens et techniciens une liberté d’improvisation, ce qui confère à l’ensemble un vrai naturel.
Jouant à la fois sur l’humour, mais aussi sur une tension dramaturgique qui va crescendo dans la deuxième partie de l’histoire, le cinéaste signe un récit parfois oppressant, mais jamais pesant, sur le mal de vivre. Il confie : « Les gens continuent de se demander si La Cerisaie est une comédie ou une tragédie. En réalité, c’est l’un et l’autre. D’ailleurs, je n’ai jamais réalisé un film qui ne soit pas comique en un certain sens, et pourtant, tous mes films traitent de la difficulté de vivre. »
Mike Leigh à son meilleur.
