Sur ce thème philosophique, Andrew Legge a imaginé une mise en scène en noir et blanc tout à fait brillante et novatrice en utilisant notamment de véritables caméras d’époque, comme la Bolex 16 mm et la Newman-Sinclair 35 mm, pour trouver un grain vintage sans signer une mise en scène gadget. Mélangeant d’authentiques séquences d’archives et de scènes fictives tournées pour ressembler à des images d’époque, le cinéaste brouille ainsi magnifiquement les frontières entre fiction et réalité historique. C’est encore renforcé par le fait que le cinéaste a laissé la sœur, campée par la sensuelle Stefanie Martini, filmer certaines scènes ce qui ajoute une forme de spontanéité à ces plans d’un grand réalisme.
Enfin, dans certaines séquences comme celle de la pendaison, la mise en scène est conçue de telle sorte avec des éclairages saisissants accompagnant le mouvement de caméra que cela rende le moment à la limite de l’insoutenable.
Nous interrogeant sur notre futur, sur les nouvelles technologies aussi, ce film est une pépite qui ménage aussi quelques jolis moments d’humour avec ces deux sœurs soudées et intrépides. Et qui savent aussi donner de la voix, même si le fond de l’air n’est pas d’un pacifisme radieux.
