Secrets de famille

Le problème dans ce film qui joue sur une forme de loufoque – prometteur sur le papier – , c’est que la réalisation manque de souffle avec, dès le début, l’usage de cette voix off qui plombe un peu le rythme et une mise en scène trop classique pour coller au côté déjanté de l’histoire. Et quand débarque De Gaulle, juste avant son envol pour Baden Baden à la rencontre du général Massu et que planque alors la drôle de famille sous un escalier camouflé, Lionel Baier a eu une idée originale : le docteur Boltanski ne porte pas ses lunettes et le voit d’abord flou, ce qui laisse imaginer la figure du Commandeur. Las, à partir du moment où tout devient clair, ce « de Gaulle » manque vraiment de personnalité et d’épaisseur et la discussion dans la cache sous l’escalier, où il est question de la traque des Juifs, semble décalée, presque incongrue.

Malgré tout, les comédiens font de leur mieux pour insuffler un peu de vie, mais cela ne sauve pas la mise en scène. Bien sûr, comme La Cache est le dernier film de Michel Blanc – auquel l’opus est dédié – certaines séquences résonnent de manière singulière, que ce soit la crémation de la grand-mère ou le plan final où le docteur et son petit fils marche de dos sur la route menant vers Odessa après avoir répandu les cendres de la défunte. Soudain, on découvre le dernier plan au cinéma de Michel Blanc, avec ces deux silhouettes à la Chaplin, et l’émotion vous saisit…

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