Emilie Dequenne : fin de partie

Mère d’une petite fille à 20 ans, l’actrice va, durant deux décennies, multiplier les films qui ne se ressemblent pas, ce qui lui vaudra pas moins de cinq nominations aux César au fil des années. Et elle finira par remporter celui du Meilleure actrice dans un second rôle pour Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait, d’Emmanuel Mouret, en 2021 où elle campe une femme saisie au moment où elle découvre qu’elle est trompée, mais qui conserve, malgré la blessure, une vraie dignité, une vraie hauteur.

Dans sa riche filmographie, elle a osé des rôles difficiles comme celui de la Fille du RER, d’André Téchiné en 2012 où , face à Catherine Deneuve qui joue sa mère, elle incarnait une jeune femme faisant croire qu’elle a été victime d’une agression antisémite. La même année, elle signait une composition très émouvante de mère famille qui commet l’irréparable dans À perdre la raison, aux côtés de Tahar Rahim et Niels Arestrup, un film librement inspiré de l’affaire Genevière Lhermitte. Un rôle qui lui vaut encore plusieurs prix dont le Magritte de la meilleure actrice (un César belge) et le Prix d’interprétation féminine dans la sélection Un certain regard, à Cannes.

En décembre dernier, devant les caméras de TF1, elle évoquait sa rechute et commentait sobrement qu’elle « ne vivra pas aussi longtemps que prévu ». À l’annonce de sa disparition, Instagram a vu se multiplier les messages du milieu. Ainsi Alex Lutz se souvient « de son talent et sa gentillesse ». quand Leïla Bekhti retient d’elle une « grande dame, grande âme, grande actrice, une reine. »

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