Deux hommes dans la ville

Multipliant les scènes de rue – la photographie est particulièrement soignée dans les scènes nocturnes, Marcelo Caetano (Corpo Elétrico, en 2017) signe une histoire en mouvement dans lequel les principaux protagonistes restent rarement en place. C’est aussi l’histoire d’un amour impossible tant Baby construit avec Ronaldo une relation où l’amour d’exclue par la dépendance très forte. « Cette idée de mouvement est liée à la situation de mes personnages qui ne sont pas établies socialement. Ronaldo est un peu comme un train. Il incarne cette force, ce moteur, cette énergie qui le pousse en avant. »

S’il règne une certaine fraternité dans ce monde de la nuit, de la marge, la solitude est pourtant de règle et Marcelo Caetano la montre de manière frontale, sans pour autant ne pas montrer que ces êtres savent se créer des familles parallèles comme le montrent les séquences sensibles avec le couple d’homosexuelles qui élèvent leur fils et accueillent Baby avec chaleur.

Si le film semble parfois se répéter dans les situations, il décrit bien l’ambiguïté de Ronaldo qui masque une grande vulnérabilité sous une carapace de virilité. Un récit singulier qui pose plus de questions qu’il ne donne de réponses.

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