Le cinéaste sait pourtant restituer avec talent le climat oppressant de la taule et la vie dépeinte par Stephen King dans le roman qui inspira le film (The Shawshank Redemption). Et il permet à ses héros d’avoir une vraie épaisseur, décrivant des personnalités plutôt complexes et les relations entre un détenu cabotin et boss du marché noir et l’autre qui est aussi secret qu’idéaliste. Deux personnages très bien campés par Morgan Freeman et Tim Robbins.
Deux comédiens qui ont des manières différents d’aborder un rôle comme l’avoue Morgan Freeman : « Tim est plus analytique que moi, qui suis très instinctif. Chacun son truc. Moi, je me donne beaucoup de mal pour ne pas trop travailler mes personnages. Je lis le scénario et j’essaie d’y trouver toutes les indications dont j’ai besoin. D’abord, le physique du rôle, son allure, sa façon de s’habiller, et ensuite, le reste doit suivre. Je ne m’imagine pas être le personnage. Je le joue, c’est tout. Tim fonctionne très différemment. Tim, par exemple, a demandé à passer du temps dans une vraie prison, pour se mettre dans la peau de son personnage. Moi pas. J’y ai séjourné un peu quand j’étais jeune, cette expérience m’a suffit… »
In fine, on suit avec attention ce récit de prison célébrant une forme d’espoir et de fraternité dans un monde où la violence et la suspicion sont un élément permanent.
