Comment se reconstruire ?

0r, dès lors qu’un prêtre dévoile son passé, le changement d’attitude des habitants est radical. Et certains qui prônaient le « tu aimeras ton prochain comme toi-même » semblent oublier les leçons des Évangiles, cèdent à la pression du groupe. Comme si la rémission des péchés était chose impossible ? Ainsi, à travers ce cas particulier, le film pose la question capitale du droit à la réinsertion. Et un des rares à ne pas suivre les autres comme un mouton de Panurge est un brave menuisier musulman qui n’est pourtant pas laxiste face à Geoffrey.

Au passage, il faut noter l’utilisation des langues dans la dramaturgie du récit : l’anglais n’est parlé que par un minorité quand le swahili est le langue courante, celle du peuple. Et, en swahili, « shimoni » signifie « la fosse », une manière symbolique de montrer comment Geoffrey se trouve dans un vrai gouffre.

Angela Wanjiku Wamai utilise avec subtilité les atmosphères nocturnes pour raconter le parcours du combattant de Geoffrey, un personnage peu loquace. Une nuit qui est le symbole même de l’obscurantisme, du mal et qui renforce le côté oppressant du récit. Sans jamais enfoncer le clou, sans donner de grande leçon de morale, Shimoni pose un certain nombre de leçons, y compris les sévices sexuels subis naguère, qui densifient un récit d’une grande force.

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