Si à travers un récit d’une amitié forte et de solidarité dans l’adversité, Toutes pour une explore bien les valeurs initiales du livre -« L’honneur, la loyauté, le courage, la dévotion… » comme le souligne Houda Benyamina – le film n’arrive jamais à trouver son rythme de croisière, malgré une première partie pleine de promesses avec la séquence où les mousquetaires libèrent Sara dans une séquence de combat bien ficelée.
Ensuite, l’histoire a du mal à opter pour la parodie pure et simple, le pamphlet féministe – même s’il évoque fort justement les violences subies par les femmes – et se mélange un peu les pieds dans les genres. Parfois, la main est lourde comme dans la séquence du carrosse où Portau et Athos convainquent le noble de pleurer tout en simulant des bruits d’orgasme féminin, ce qui plombe le rythme de l’histoire. C’est d’autant plus dommage que certains parti-pris musicaux décalés fonctionnent bien dans la musique originale en rythmant l’histoire. Et qu’il y a quelques chorégraphies intéressantes aussi au cours du récit. On peut aussi vouloir critiquer le patriarcat et le machisme, mais faire de Louis XIII un roi qui bégaie de pousse pas le bouchon de l’audace très loin. Quant au combat final où une quinzaine de soldats attaquent tous à la tête les quatre fuyardes, il devient, même si visuellement cela peut fonctionner, invraisemblable.
Plus ennuyeux enfin des zones d’ombre dans le scénario rendent l’histoire confuse : on ne comprend pas comment ces trois filles sont devenus des mousquetaires et la fuite de la Reine, au cœur de l’histoire, n’obéit pas à des motifs très clairs. Il reste alors cette longue poursuite finit par devenir assez gratuite.
Toutes pour une avait, sur le papier, le mérite de l’originalité : le résultat est malheureusement décevant…
