Blier, provocateur et dénicheur de talents

Disparition

Il fut le cinéaste de toutes les provocations, se jouant de la vulgarité de la société en affichant une certaine mauvaise éducation. Il fut aussi un sacré dénicheur de talents. Bertrand Blier vient de casser sa pipe. Il avait 85 ans. Retour sur son parcours.



D’une certaine manière, avec un sens plus consommé de l’écriture et des dialogues, Bertrand Blier s’inscrivait dans une même tradition qu’un Jean-Pierre Mocky. Celle d’un provocateur paillard, adorant scandaliser le bourgeois, lui qui connaissait bien cet univers pour en être issu.

Économe de ses mots, avec l’air de souvent faire la gueule, Bertrand Blier se moquait bien de choquer, déplaire, scandaliser. Il donnait l’air de se moquer d’avoir une mauvaise réputation. Ses films définissent assez bien la philosophie d’un artiste qui aimait secouer le cocotier des bonnes mœurs, braver l’ordre établi, fustiger les bonnes manières. Une forme de voyou du cinéma. C’est Michel Audiard qui m’avait dit lors d’une interview (je le cite de mémoire) : « Il a une tête de séminariste, mais, quand on voit ses films, on se dit qu’il a un grain de folie… » Il suffit de se souvenir des Valseuses, de Trop belle pour toi, du Bruit des glaçons, Tenue de soirée, Notre histoire ou encore de Buffet froid pour s’en convaincre.

Avec des répliques devenues culte comme « On n’est pas bien là, décontractés du gland » de son road-movie libertaire, Blier a marqué les dialogues de sa griffe, même si, en plein mouvement MeToo, les hommages à ce grand réalisateur vont sûrement intégrer le bémol. Et ce n’est pas un film comme Calmos qui va apaiser ses détracteurs les plus fervents.

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