CINÉMA : (REPRISE) MERCREDI 15 JANVIER 2025

Un monument dont la fascination rend fou…
LE PAVILLON D’OR, de Kon Ichikawa – 1h29 (1958)
Drame avec Raizō Ichikawa, Tatsuya Nakadai, Ganjirō Nakamura
Score : 4/5
Le scénario
Conformément aux dernières volontés de son père, Goichi Mizoguchi est pris en charge par le bonze Tayama du temple Shukaku, le « Pavillon d’Or ». Des touristes visitent le temple. Un couple s’amuse. Pour le jeune homme, ces gens souillent l’image sacrée qu’il a du temple. Peu après, Mizoguchi aperçoit Tayama accompagné d’une geisha. Plein de désillusion, il va tout faire pour rendre sa pureté au Temple.
Mon avis – Adaptant, deux ans après sa sortie, le roman de Yukio Mishima, très grand romancier, devenu emblématique de la littérature japonaise du XXe siècle, Kon Ichikawa décrit le parcours d’un homme tourmenté : marqué par le décès de son père (la séquence de la crémation de son corps sur la plage est saisissante de gravité et de poésie), frappé d’un bégaiement qui provoque les lazzi autour de lui, Goichi Mizoguchi ne semble trouver un havre de paix que dans le temple tenu par un vieil ami de son père qui le reçoit comme un fils et un discipline. Timide et complexé, il semble balloté en permanence dans la vie et symbolise le souffre-douleur par excellence.
Dès lors ses névroses vont se retourner contre ce temple qu’il vénère. À cet égard, c’est le parfait exemple du syndrome de Stendhal, du désir de détruire quelque chose qui vous fascine.
