Défendre le rire !

Si Philippe Val force un peu dans le lyrisme, avec le style flamboyant qui est le sien, le documentaire a surtout un but : faire perdurer l’esprit du 11 janvier et les défilés monstre en hommage aux victimes de ce massacre. Commentaires de Daniel Leconte : « Entre 2007 (année des caricatures de Mahomet) et l’attentat de 2015, il y a un sentiment de gâchis terrible. On se dit d’abord qu’on a perdu des êtres formidables et on se dit aussi que le cirque médiatique va réécrire toute cette histoire à l’envers. Toutes les réactions qui ont eu lieu par la suite et qui consistaient à déconstruire l’esprit du 11 janvier, cette volonté de détruire ce moment de communion incroyable, nous, on voulait s’y opposer. C’était pour nous comme un deuxième attentat. » 

Un des atouts du film, c’est aussi d’avoir donné la parole à des personnalités extérieures à Charlie Hebdo, que ce soit Elisabeth Badinter ou encore le philosophe et professeur Soufiane Zitouni, dont les supérieurs n’ont pas aimé sa déclaration de « n’avoir pas besoin de musulmans modérés, mais courageux. » Et il avait écrit dans Libération une tribune intitulé Je suis Charlie. Le cinéaste soulignait à l’époque : « Pour un intellectuel musulman, sortir du bois à ce moment-là et écrire « Je suis Charlie », puis expliquer que les dessins de Cabu étaient conformes à la volonté du prophète, c’était courageux.« 

Dix ans après, les témoignages demeurent bouleversants.

Laisser un commentaire