Rythmée par le timbre de Florence Loiret Caille, la voix off remonte aux sources de l’affaire pour expliquer par le menu les rebondissements de l’enquête, et des journalistes de Médiapart et des policiers et des juges. À cet égard, le témoignage d’un magistrat tel que François Molins ne peut que faire réfléchir sur la fonction de la justice qui doit être libre dans un état dit démocratique.
Face aux faits, aux documents, aux différents témoignages, les interventions cathodiques d’un Nicolas Sarkozy acculé et qui joue ,comme dans un spectacle, les persécutés paraissent alors avec le recul indécentes, eu égard aux enjeux politiques, économiques et moraux soulevés par cette histoire grace où l’on voit passer la figure d’un Ziad Takieddine, homme de l’ombre et qui reçoit à une époque le tout Paris politique de droite, et qui n’est pas à un témoignage contradictoire prêt, ou encore celle de Michèle Marchand, conseillère en communication aujourd’hui proche du couple Macron et qui semble tirer bien des ficelles dans l’ombre lors des retournements de cette affaire.
Certes, les journalistes de Médiapart semblent, au terme du récit, les héros d’un journalisme indépendant, peut-être un peu trop sacralisé par Yannick Kergoat . Pour autant, leur opiniâtreté montre les dangers que font courir à nos démocraties fragiles et déjà malades du doute, de telles affaires, ourdies dans certains cercles politiques. Il s’agit donc bien d’un documentaire dont l’utilité publique est incontestable, même s’il ne préjuge pas de l’issue d’un long et très médiatique procès.
