Un amour « interdit »

En utilisant un cadre familier, celui de Collioure où a vécu toute sa famille comme autre personnage de ce film, Agnès de Sacy opte pour un lieu plus anonyme du Midi. « On est loin de Paris, très près de l’Espagne, c’est le Sud, mais un Sud sans pittoresque, au pied des montagnes. Peut- être encore plus que la nature, ce qui frappe là-bas, c’est la lumière », dit-elle. Et Isabelle Carré loge même dans la chambre d’enfance de la réalisatrice.

Si les ellipses de la dernière partie du film manquent parfois de vraisemblances – on se demande parfois comment François Damiens peut rentrer si vite de Paris par exemple ou comment il se retrouve juste sur la route à l’heure où son épouse rentre d’Espagne – le film touche par sa sincérité et par cette singulière histoire portée par un duo de comédiens qui font dans la mesure et dont les apparitions sont rythmées de choix musicaux sur-mesure. Mention spéciale pour François Damiens qui parvient à exprimer, sans la moindre outrance, les blessures profondes de son personnage qui s’est construit un personnage public et en souffre silencieusement derrière son physique costaud. Entre les deux, Claire Duburcq incarne avec autorité et charme leur fille qui rétablit des ponts entre ses parents.

Un film qui fait habilement le lien entre la difficulté d’être et la difficulté d’aimer.

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