Comme un oiseau sans ailes

Description de la construction d’une adolescence alors que ses parents sont défaillants ou absents, Bird se déroule au rythme d’un rock britannique qui épouse, sans le polluer, toutes les étapes du récit. Avec, en prime, un acteur inattendu et ce crapaud du Colorado qui crache une bave hallucinogène quand il entend Yellow, de Coldplay, ce qui donne lieu à des séquences vraiment surréalistes.

Avec une caméra qui se place au plus près des corps des protagonistes, y compris quand des animaux entrent en scène, avec l’utilisation des images de mobiles, qui n’ont rien d’un gadget, Andrea Arnold signe une mise en scène rythmée qui évite toute tentation à rester prisonnier du misérabilisme. En campant Bailey, Nykia Adams réussit une composition brillante quand, une fois encore, Franz Rogowski joue avec subtilité ce personnage de marginal à la recherche d’un père qui ne l’a jamais reconnu.

Ce film où la fiction à des airs de documentaire est un drame puissant et le portrait sensible d’une adolescente qui refuse de subir la fatalité du quotidien.

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