Si le film a un peu vieilli dans sa facture, il conserve, par le regard poétique sur le monde, par l’importance de la présence des femmes (à cet égard la fonction de la petite fille est capitale dans l’économie du récit), une grande force et un certain humour dans le regard porté sur la société de son époque. Dans la séquence d’ouverture, l’avion que le jeune Domas s’efforce de faire décoller, malgré la méchanceté de la bande de gamins menée par Trenkus, peut symboliser aussi ce désir de s’affranchir d’un manque de liberté.
Avec ce film permettant de « combattre la banalité » selon sa formule, Arūnas Zebriūnas signe un plaidoyer poétique sur la puissance de l’imagination. Et les rêves sont ici symbolisés, grâce au chef opérateur Algimenta Mockus, par la pellicule infrarouge qui fait paraître en rouge tout ce qui contient de la chlorophylle. Avec, pour marquer le passage entre la réalité et le rêve, une partition musicale signée Vyacheslav Ganelinas qui passe avec talent d’un registre guilleret à une atmosphère plus douce.
