CINÉMA : MERCREDI 18 DÉCEMBRE 2024
EVERYBODY LOVES TOUDA, de Nabil Ayouch – 1h42
Avec Nisrin Erradi, Joud Chamihy, Jalila Tlemsi
Mon avis : 4 sur 5
L’histoire
Touda rêve de devenir une Cheikha, une artiste traditionnelle marocaine, qui chante sans pudeur ni censure des textes de résistance, d’amour et d’émancipation, transmis depuis des générations. Se produisant tous les soirs dans les bars de sa petite ville de province sous le regard des hommes, Touda nourrit l’espoir d’un avenir meilleur pour elle et son fils. Maltraitée et humiliée, elle décide de tout quitter pour les lumières de Casablanca…
Et alors ?
Mouna Ayoub sait filmer les femmes fortes et qui dérangent avec une grande sensibilité comme l’ont prouvé des films tels que Razia et surtout Much Loved. Avec ce film, il continue de creuser le sillon en plongeant dans l’univers méconnu d’une Cheikha qui tente de vivre de son art dans la petite ville où elle a grandi, quitte à en payer le prix fort comme le montre la très dure séquence d’ouverture où la musique cède le pas à la violence brute.
De fait, avec le parcours de Touda, femme libre et courageuse, il rend hommage à ces femmes artistes qui se rebellaient contre le pouvoir en place en chantant l’Aïta, un genre musical marocain normalement interprété par les hommes. Et vivre de cette passion, afficher une liberté des mœurs, peut leur coûter cher, comme le montre cette histoire. Le cinéaste souligne : « J’ai toujours admiré les femmes fortes, sans doute parce ce que j’ai grandi avec ma mère qui était ainsi. Ces femmes m’ont toujours passionné. Très vite, j’ai su que je voulais leur donner une voix. »

